Nouveau départ

Cela n’a rien à voir avec les résolutions du 1er janvier.

En octobre 2013, après une nuit d’insomnie, de larmes, je me suis aperçue que je n’étais pas forcée de vivre ça encore bien longtemps.

J’ai compris que je pouvais me rendre utile autrement, mettre les compétences acquises tout au long de ces années et toutes ces magnifiques rencontres au service de la communauté autrement.

Mais j’ai compris aussi que depuis longtemps, je m’épuisais en exigeant trop, beaucoup trop, de moi, que ne je savais pas dire non.

Le résultat a été un épuisement émotionnel dont je pensais m’être remise, mais je me trompais.

J’ai donc décidé de quitter le barreau, de prendre du temps pour moi et remettre de l’ordre dans mes idées, dans ma vie et rééquilibrer mes priorités, et de préparer ma nouvelle activité.

Il m’a fallu plus d’un an pour mettre ce projet à exécution.  On n’abandonne pas du jour au lendemain des dossiers, qui sont en réalité des personnes.

Je suis donc officiellement non-avocate depuis le 1er janvier à 0 heure.

J’ai un pincement au coeur, mais en même temps, je me sens vraiment libérée.

V

oilà…

Contradiction?

Revendiquer une certaine ouverture pour les étrangers qui sont ou veulent accéder à notre territoire, et, par exemple, appuyer la protection des indiens Zoé*, est-ce contradictoire?

Nous avons une culture, une histoire, un environnement auxquels nous tenons, qui nous ont construits

Il est légitime de souhaiter les protéger.

L’arrivée de personnes d’autres cultures constitue-t-elle un danger?

Oui si nous sommes faibles, si nous n’avons pas conscience de notre identité et de nos valeurs, et acceptons des valeurs venues d’ailleurs sans nous demander comment les intégrer à ce que nous sommes.  C’est la même problématique que celles des espèces animales dites invasives qui font peu à peu disparaître les espèces présentes.

Mais si nous sommes capables de faire ces choix, ces rencontres constituent sans aucun doute un enrichissement.

Cette tension a toujours existé : des pans entiers de notre culture ont disparu, certaines cultures entières ont disparu, par ailleurs, nous nous sommes enrichis de mots, de sciences, d’habitudes alimentaires …. nous avons su absorber ces nouveautés, les faire nôtres.  Sommes-nous conscients de tout ce qui nous vient, dans notre vie quotidienne, dans notre langage, dans notre culture au sens le plus large, de Rome, de la la Grèce, mais également d’Arabie, de Chine, d’Amérique centrale et du Sud…

Nous trouvons normal de nous réunir autour d’une pizza ou d’un plat de spaghetti…

Ce qui est arrivé à de nombreuses cultures qui se sont trouvées brutalement confrontées à des « visiteurs » européens peut-il nous arriver?  Je conçois que l’on s’en effraie

Je ne dispose pas de toutes les clés qui me permettraient d’analyser ce qui se passe depuis quelques décennies : la montée de l’intégrisme musulman jusque chez nous.  Mais d’autres intégrismes existent aussi.

Pour en revenir à nos Zoés, j’ai vu un très joli film sur la chaîne Ushuaia consacré à une tribu d’Amérique du Sud.  Je ne le prends pas pour argent comptant, mais je n’ai rien pour entrer en contradiction

De toute manière, en ce qui concerne mon propos d’aujourd’hui, la question ne paraît pas poser trop problème : ce groupe humain vivait en harmonie dans sa culture et dans la nature – elle est entrée en contact avec « les hommes blancs » (façon de parler) et en a souffert
*http://www.survivalfrance.org/peuples/zoe :  » Les Zo’é n’avaient que des contacts occasionnels avec le monde extérieur jusqu’en 1975 où un avion de recherches minéralogiques survola l’une de leurs communautés. Les ingénieurs revinrent plus tard pour larguer du matériel – ils rapportèrent plus tard que les Zo’é avaient piétiné et enseveli leur matériel.

Les missionnaires brésiliens apprirent peu à peu l’existence des Zo’é et en 1987, la mission Nouvelles Tribus installa un avant-poste et une piste d’atterrissage à la frontière de leur territoire.

Selon les missionnaires, le premier contact effectif avec les Zo’é fut établi le 5 novembre 1987. Durant les jours précédents, les Zo’é avaient secrètement observé les missionnaires dans leur avant-poste. Des années plus tard, un chasseur zo’é raconta combien ils s’étaient amusés de leurs maladresses à chasser ou à se déplacer dans la forêt.

Après les épidémies des années 1980, la population zo'é est maintenant stabilisée
Après les épidémies des années 1980, la population zo’é est maintenant stabilisée
© Fiona Watson/Survival

Finalement les Zo’é se décidèrent à venir au poste missionnaire et échangèrent des pointes de flèches cassées contre des biens. Petit à petit, d’autres Zo’é arrivèrent et installèrent leurs maisons près de la mission, attirés par la possibilité d’obtenir des outils précieux comme des machettes, des couteaux, des casseroles et du matériel de pêche.

Ce fut bientôt une tragédie : les Zo’é commencèrent à contracter des maladies contre lesquelles ils n’avaient pas d’immunité. Du fait de leur regroupement en un seul lieu, la grippe, le typhus et la malaria se répandirent rapidement. Comme la situation empirait, les missionnaires, qui ne disposaient pas du matériel médical nécessaire pour soigner les Indiens, contactèrent le département des affaires indiennes (FUNAI) qui envoya des équipes médicales. Les épidémies dévastèrent la tribu : presque un quart de la population zo’é (142 personnes) périt entre 1987 et 1988. »

Actuellement, des actions visent à ce que cette tribu soit protégée des extérieurs…

Je pense qu’il y a une différence fondamentale entre ces deux situations, la nôtre et celle de tribus comme les Zoes : nous avons, depuis des siècles, appris à nous confronter au monde extérieur, ce qui n’est pas leur cas.  C’est nous qui sommes allés vers le monde extérieur, alors que pour les Zoés, c’est l’inverse qui se produit.

Nous pourrions nous poser la question de savoir s’il aurait fallu protéger les habitants de nos régions des invasions romaines…. et d’autres avant….? Si l’influence de ces cultures a été, en fin de compte, bénéfique ou non…. nous ne le saurons probablement jamais.

Mais il est un fait indéniable : actuellement – et depuis des décennies – des populations dotées d’une culture riche risquent de voir leurs spécificités disparaître, ce qui n’est pas notre cas par rapport aux étrangers qui viennent chez nous, si nous sommes capables de rester conscients de nos valeurs, et si nous sommes capables de les mettre en oeuvre…

Mais le sommes nous? Là est la question

Tous ces étrangers… et nous

Très beau texte :

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens

soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres 

Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés 

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières

On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez. 

Jacques PRÉVERT   Grand bal du printemps

lu sur le blog de Martine Sorti http://www.martine-storti.fr/textes_amis/citations/jacques_prevert__etranges_etrangers.html

LA FIN DU VRAI PRO DEO?

Le pro deo…. kesako?

Une très très ancienne tradition : celle qui veut que tout un chacun bénéficie de l’assistance d’un avocat. Mais ce droit a été mis en oeuvre de différentes manières, en fonction des idéaux des différentes époques.

L’évolution fait que de nos jours, le droit de bénéficier de l’aide nécessaire lorsqu’on est confronté à un problème juridique est reconnu, notamment par la Convention européenne des droits de l’homme et par notre constitution : il s’agit donc bien d’un droit fondamental.

Le Barreau – notamment celui de Charleroi – revendique ce doit pour les justiciables.  Le mémorandum sur l’aide juridique, qui réglemente cette matière le rappelle (http://www.ejustice.just.fgov.be/doc/rech_f.htm  (page 71970)) : en voici quelques extraits:

« L’histoire du pro deo met en évidence à quel point le barreau a toujours assumé sa mission d’assister les plus défavorisés, avec dévouement et indépendance.  C’est sans doute à la Grèce antique que remonte la tradition de la défense gratuite des
indigents par les avocats.
A Athènes, dix avocats étaient désignés tous les dix ans pour défendre les pauvres devant
les tribunaux.
 A Rome, la justice était pratiquement ouverte à tous gratuitement : il était interdit aux
avocats de percevoir des honoraires et il n’y avait pas de frais de justice.
Le juge devait désigner un avocat, notamment, aux femmes, pupilles, indigents ou
incapables.
En droit français, les capitulaires de Pépin Le Bref et de Charlemagne enjoignaient au juge
de désigner des avocats à ceux qui en avaient besoin et de statuer sans délai ni frais sur
les causes des veuves et des indigents.
 A l’époque féodale, le suzerain devait protection à son vassal et, le cas échéant,
assistance en justice.
Dans le même temps, l’Eglise vint au secours des pauvres, veuves et orphelins qui
pouvaient porter gratuitement leur cause devant le juge ecclésiastique.
Saint-Louis restaura la prise en charge de l’assistance des indigents par les avocats.
L’accès gratuit à la justice pour les pauvres se perpétua tant bien que mal durant les
siècles qui suivirent.
 Il semble qu’au 15ème siècle, l’accès aux tribunaux était plus malaisé et qu’il dépendait des usages locaux.
C’est à cette époque que le parlement de Paris créa une chambre de consultations
gratuites, première institution destinée à permettre aux pauvres d’accéder aux tribunaux.
La révolution française marqua un tournant au niveau des principes de l’assistance
judiciaire : la gratuité de la justice était consacrée.
Le décret du 1-24 août 1790 créa des bureaux de conciliation pour examiner les affaires
des pauvres, leur donner des conseils et défendre leurs causes.
Au moment de réglementer l’exercice de la profession d’avocat, Napoléon institua au sein
même des structures du barreau, les bureaux de consultation gratuite qu’il substitua aux
conférences de charité héritées du Moyen-âge.
L’arrêté loi du 21 mars 1815 étendit aux provinces belges, le système d’assistance
judiciaire déjà en vigueur dans les provinces hollandaises;  il organisa un lien entre la
procédure en obtention de l’assistance judiciaire et la procédure de désignation d’un
avocat par le bureau de consultation gratuite.
Il ne fut pas question pour autant de rémunérer les prestations des avocats, pas plus
d’ailleurs que lors des réformes législatives de 1889 et 1929.
La loi belge du 30 juillet 1889 sur l’assistance judiciaire gratuite et la procédure gratuite
abrogea les textes hollandais et consacra le lien structurel entre les deux institutions.

La loi du 29 juin 1929 sur l’assistance judiciaire et la procédure étendit l’intervention des avocats à la consultation et l’assistance devant toutes les juridictions;  l’assistance judiciaire concernait dorénavant aussi les actes de juridiction gracieuse ainsi que les actesrelatifs à l’exécution des décisions judiciaires.

Des bureaux d’assistance étaient créés pour examiner les demandes d’assistance
judiciaire et le requérant devait désormais justifier son indigence.
En 1967, le Code judiciaire n’innova pas de manière fondamentale;  il reproduisit sauf
quelques modifications, les dispositions de la loi du 29 juin 1929.
Les décisions du bureau d’assistance judiciaire et du bureau de consultation et de défense
relatives, respectivement, au bénéfice de la procédure gratuite et à la désignation d’un
avocat, étaient cependant séparées, les critères régissant ces institutions n’étant plus
identiques.
Le rapport du commissaire royal à la réforme judiciaire effleurait la question de l’indemnisation des avocats en se référant au fait que « le barreau attache une valeur
traditionnelle à la défense des indigents», mais l’idée d’une rémunération semblait
encore incompatible avec la dignité de la profession.
Les articles 455 et 455bis du Code judiciaire ne définissaient pas le critère financier des
«revenus insuffisants».
Les barreaux y pourvoiront, à l’intervention de l’Ordre national : la gratuité totale de
l’assistance d’un avocat sera accordée lorsque le revenu mensuel moyen sera inférieur au
minimex, la gratuité partielle lorsqu’il se situe entre le
minimex et le minimum insaisissable.
Le principe d’une indemnisation des avocats ne fut pas consacré dans la loi avant 1980.
Compte tenu du caractère limité du budget y alloué , seuls les avocats stagiaires en
bénéficièrent.
La discrimination entre avocats selon leur ancienneté fut levée par la loi du 13 avril 1995,
entrée en vigueur le 1erseptembre 1997. »

Compte tenu du caractère relativement récent de ces dispositions, du relèvement progressif des montants permettant de bénéficier d’un avocat pro deo, de l’évolution de la société, qui entraîne un besoin de plus en plus important d’interventions juridiques et des crises à répétition qui frappent de plus en plus durement les plus fragiles, il est clair que le nombre d’intervention des avocats n’a fait que croître au fil des années.

De là à accuser les bénéficiaires  – les avocats et les justiciables – d’exagérer, il n’y a qu’un pas, qui a été allègrement franchi.

Des décisions ont été prises au niveau du conseil des ministres.

Qui sait au jour d’aujourd’hui qui devra payer quoi pour bénéficier de l’aide d’un avocat? Pas moi en tout cas.

Il est question de 10€ pour une consultation, de 20 à 30€ pour une procédure? Mais pour qui?  Tout le monde?

C’est vrai, il y a des tricheurs… mais d’une part, il s’agit d’une minorité, d’autre part, ceux qui trichent le font au niveau de leurs revenus : revenu d’intégration sociale, allocations de chômage ou de mutuelle ou de handicapé + travail au noir ou encore allocations perçues en qualité d’isolé alors que l’on forme un ménage avec une personne percevant des revenus, allocations perçues alors qu’on pourrait travailler (dans un marché du travail tel que le nôtre??????).

Le problème est triple :

  • Y a-t-il du travail pour une majorité de « demandeurs d’emploi »?
  • est-il réellement possible de subsister décemment à l’aide du montant des revenus de remplacement ou du revenu d’intégration? la réponse est négative si l’on connaît le montant correspondant au seuil de pauvreté.  Il n’y a qu’à relever le coût d’un logement décent (pas un gourbi ou un studio insalubre, non)
  • les « tricheurs » sont une minorité : peut-on raisonnablement « sanctionner » un groupe important de personnes pour le comportement d’une minorité

De plus, un avocat prête un serment : celui, notamment, de ne défendre qu’une cause qu’il estime juste : faut-il légiférer en réduisant l’accès à la justice  pour sanctionner les avocats et les justiciables qui mettraient en oeuvre des procédures qui ne sont pas raisonnablement justifiables, alors que des règles existent pour sanctionner ce genre de comportement (dommages intérêts pour procédure téméraire – pénalité pour « fol appel », sanctions vis-à-vis de l’avocat « indélicat » sur la base de sa déontologie)?

D’autre part, se pose la question « budgétaire » : en d’autres termes quel doit être le budget de l’Etat?  Je lis souvent qu’il est question de rentabilité des services publics.

Mon raisonnement est sans doute basique, mais il est le suivant :

  • L’Etat, c’est nous.  Nous avons des attentions à l’égard de l’Etat : nous votons, des parlementaires sont désignés par nos votes – ces parlementaires désignent ceux qui formeront le gouvernement (chez nous, c’est assez compliqué – nous avons des gouvernements issu d’un scrutin proportionnel, « condamné » aux compromis – mais une autre forme de scrutin serait-elle bonne pour notre société?)
  • L’Etat se doit de définir ses politiques, ses priorités, que l’on appellera « services publics » lorsqu’il s’agit des services rendus aux citoyens : théoriquement, en fonction de nos votes, en réalité, en fonction d’équilibres subtils entre les forces politiques en présence
  • L’Etat se doit de faire en sorte de percevoir les montants lui permettant de mettre en oeuvre sa politique
  • la « rentabilité » d’un service public ne se mesure certainement pas – contrairement à ce que l’on nous affirme – au coût de ce service (l’enseignement – la culture – la santé – les transports publics – l’environnement  – la sécurité des consommateurs  – j’en passe et des meilleures) mais au bénéfice retiré par l’ensemble de la société. Le problème est que j’ignore s’il existe un instrument de mesure de ce bénéfice (le BIB : bonheur intérieur brut (comme au Bouthan : mais comment mesurer ce « bonheur », ce bien-être?)

MAIS

Nous ne sommes pas seuls à décider  : l’Europe a pris des décisions relatives aux déficits publics –

L’économie dicte au politique une très grande partie de sa conduite

Résultat : restrictions budgétaires tous azimuts… politique inhumaine dans tous les domaines…

EST_CE_JUSTE, EST-CE BON   ?????

En tout cas pas pour les justiciables fragiles – notamment les étrangers, qui sont dans le collimateur – ni pour leurs avocats….

En ce moment, je ne sais vraiment pas où je vais….

au secours….

Le Barreau se bat, chaque avocat également, comme il le peut…

Ouf…. nous ne sommes pas seuls

Je sais que les associations s’émeuvent

Je sais que le Barreau, à son sommet, a des contacts avec le « SPF JUSTICE » et veille

Mais quand même, cela m’a fait du bien de voir cette pétition : là http://www.petitions24.net/halte_au_demantelement_du_droit_a_laide_juridique

Alors nous verrons bien ce qu’il adviendra de l’accès effectif à la justice.

Si les projets évoqués passent, il y a encore des recours… mais pendant ces recours, comment feront les justiciables auxquels aucun avocat n’aura été désigné?  Comment feront les avocats directement consultés, qui ne parviendront pas à se faire désigner?

On peut imaginer l’introduction de recours contre les refus de désignation, mais tout cela va quand même entraîner beaucoup de souffrance, pour les justiciables, mais pour les avocats aussi…

Allez, courage, tout n’est pas perdu.

BONJOUR

« La France (la Belgique) ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part »*

Sujet difficile et sensible, la question de l’accueil des étrangers confronte chacun de nous à ses valeurs fondamentales, à son sens de l’humain et à toutes ses peurs.

Peut-on rêver d’une société mondiale, totalement ouverte, où il n’existerait aucune frontière?  Serait-ce réellement une bonne idée?

Ma comparaison va peut-être paraître infantile, mais imagine-t-on une maison où vivre qui serait totalement ouverte?  Existerait-il encore un « chez soi » ou un « chez nous » dont nous avons fondamentalement besoin?

Les groupes humains qui pratiquent un partage important de leurs espaces et de leurs biens, marquent des frontières avec les autres groupes.

Ceux qui ont pour projet de vivre en habitat groupé, par exemple, commencent par mettre sur la table leurs attentes et leurs limites.  Et s’ils ne le font pas, on peut être certain que leur projet se cassera la figure à plus ou moins longue échéance.

Les tribus qui vivent de cette manière ne subsistent que parce que leurs membres partagent les même valeurs.

Donc, qu’on le veuille ou non, c’est un fait : les frontières existent, et il est souhaitable – pour longtemps encore – qu’elles subsistent.

Mais cela doit-il signifier qu’elles doivent être étanches?  Je suis persuadée du contraire.  Une société, un groupe, une famille, qui se coupe du monde extérieur, qui n’accepte pas d’échanger avec « les autres » est condamné à dégénérer et à mourir.

Les voyages forment la jeunesse.  Oui, il est bon d’enrichir sa culture de la culture des autres, et de leur donner à voir et à comprendre ce qu’il y a de bon et beau chez nous.  Mais pourquoi pas en les accueillant chez nous?

Bon, la confrontation aux autres est une bonne chose.  Accepter certains changements qui ne viennent pas que de la science, de la technoloqie, mais aussi de l’autre est une bonne chose.

Mais si nous sommes souvent assez frileux pour intégrer la culture de l’autre, nous le sommes moins lorsqu’il s’agit d’intégrer l’or, l’argent, le pétrole, les diamants….

Nous, la Belgique, a fondé sa prospérité sur les idées et l’esprit d’entreprises de certains, sur le travail de beaucoup…. mais aussi sur ce que nous ont rapporté « nos colonies ».

D’autres pays voisins ont fait de même.

Ensuite, ces colonies ont obtenu – souvent dans le sang – leur indépendance politique, mais sont restés sous la coupe d’impératifs économiques : pourquoi certains chefs d’état, actuellement qualifiés de dictateurs, parfois sanguinaires, sont-ils restés si longtemps au pouvoir?  Parce que cela nous rapportait …

Et maintenant, nous poussons des cris d’orfraie, nous nous sentons envahis par tous ces étrangers qui viennent profiter de l’eldorado que sont nos pays.

Le monde est difficile à vivre pour les petits : chez nous, parce que nous n’avons pas été en mesure de faire primer le politique sur l’économique, en d’autres termes, l’intérêt général sur certains puissants intérêts particuliers.  Ailleurs, les guerres, la famine, les changements climatiques…

Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, mais….

A SUIVRE… TO BE CONTINUOUS

*http://www.bok.net/pajol/rocard.html